1984 George Orwell

Adapté et illustré par Fido Nesti

Editions Grasset

Big Brother est de retour avec le talent de Fido Nesti

J’avais envie de relire 1984 mais sous un autre format et j’avoue que j’aime que la BD s’empare de ces classiques.

Plusieurs adaptations sont à notre disposition, j’ai choisi celle de Fido Nesti, le choix du gris et rouge avec leurs nuances de dégradés m’a séduite et j’ai trouvé qu’elle renforçait cette sensation d’oppression. La lecture m’a fait prendre conscience que l’auteur est non seulement investi mais aussi, me semble-t-il, obsédé par l’actualité de cette dystopie.

Big Brother is watching

Winston Smith, 39 ans, est un maillon de la censure du ministère de la Vérité. Son rôle réécrire l’histoire pour qu’elle colle au présent. Il remanie les archives, son travail est bien détaillé :

« Quelques lignes et un photomaton suffiront pour lui donner vie sans plus tarder. »

Seules distractions dans cette vie grise, est le spectacle mensuel des pendaisons.

Ainsi le 4/04/84 Winston décide d’écrire un journal pour rétablir la Vérité, il y joue sa vie, la peur au ventre.

Très vite il s’aperçoit qu’il a perdu sa capacité à transcrire, à dire. A-t-il perdu la faculté de penser ?

Comme dans le roman, me lecteur s’interrogera sur la novlangue et s’apercevra que la manipulation du langage, des images, l’instauration d’un état d’urgence ont une signification particulière.

Les gens en poste, le sont par leur capacité à renforcer le pouvoir par l’obéissance aveugle sans faillir.

Dans cette version graphique j’ai trouvé qu’inclure beaucoup de texte renforçait ce sentiment invasif s’oppression. C’est à la fois troublant, inquiétant et hypnotisant.

Découpé en trois partie, la première installe la suspicion dans laquelle vit Winston et sa prise de conscience qu’il lui manque quelque chose : les sentiments.

La deuxième partie, l’amour retrouvé. Contactés par un certain O’Brien qui leur remettra une copie du livre de Cassandre.

Cet O’Brien les avertit qu’ils ont peu de chance d’échapper à la Police de la Pensée.

Troisième partie, le piège se referme. Arrestation torture et lavage de cerveau.

Fido Nesti retranscrit cette escalade avec une grande maîtrise.

L’ensemble est remarquable car la force du dessin est à la hauteur du texte et de sa puissance.

Orwell ce visionnaire n’est pas mort :

« Nous détruisons des mots par dizaines, par centaines, tous les jours. Nous dégraissons la langue jusqu’à l’os.

Ne vois-tu pas que le néoparler est de rétrécir le champ de la pensée ? »

CQFD

©Chantal Lafon

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